YTAK Cathy

Nom : YTAK

Prénom : Cathy

Date de naissance : 16/06/62

Ouvrages de l'auteur sur le site : 3

" Interview :" 

Des livres et vous : "Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ? Que faisiez-vous avant d’être écrivain ?"

Auteur :     Je ne sais pas ce qui m’a amenée à l’écriture. J’écris depuis que je sais lire et écrire, et il m’est difficile, aujourd’hui, de dire ce qui me motivait enfant. J’ai écrit d’une manière presque compulsive à l’adolescence. Journal intime, correspondances, romans (la plupart inachevés), nouvelles, poèmes, chansons… Je n’arrêtais pas !

Après un CAP de reliure d’art, j’ai commencé une ronde de petits boulots… J’ai travaillé pendant sept ans comme vendeuse dans un magasin de photo, puis je me suis dirigée vers le journalisme. En radio, d’abord, puis dans la presse écrite… De journaliste, je suis passée à la traduction littéraire, du catalan. Métier que j’exerce toujours. Et lorsque mon premier roman a été publié, j’avais déjà 38 ans.

 

Des livres et vous : "Quels genres aimez-vous lire ?"

Auteur :   Un peu de tout ! Des romans (surtout pour ados). J’ai lu beaucoup de fantastique, science-fiction, polar… de la poésie… Lorsque j’étais ado, je dévorais des récits de navigateurs autour du monde… même si je n’ai jamais eu envie de faire de voile !

 

Des livres et vous : "En tant que lecteur, quel roman a marqué votre adolescence ? Quel roman jeunesse conseilleriez-vous aux internautes ?"

Auteur :   J’ai été adolescente à une époque où la littérature ado n’existait pas en tant que telle. On passait sans transition de la bibliothèque verte à la littérature pour adultes. Mais je me souviens de « La maison des autres » de Bernard Clavel. C’est un gros roman de 500 pages, je l’ai lu vers 12 ou 13 ans, je me suis identifiée au héros (un apprenti pâtissier malmené qui peu à peu se rebelle), et j’ai découvert le plaisir de la lecture.

Difficile de « conseiller » un roman jeunesse… Il y en a aujourd’hui pour toutes les envies, tous les goûts. Mais dans les auteurs que j’aime particulièrement, on peut citer Gilles Abier, Thomas Scotto, Jeanne Benameur, Antoine Dole, Anne Percin, par exemple. Et beaucoup, beaucoup d’autres…

                             

Des livres et vous : "Vos livres sont-ils tous destinés à un public d’adolescents ? Pourquoi vous adresser à ce type de public ?"

Auteur : J’écris principalement pour des ados/adultes. Je ne fais pas vraiment de distinction. Ce sont les éditeurs qui la font.

Mais j’aime l’adolescence, ce moment d’entre deux, ce mélange de grande force et de grande fragilité. Tout est vécu tellement fort à cet âge-là ! L’amour, l’amitié, la mort aussi… Ma propre adolescence n’a pas toujours été très heureuse, mais je garde de la tendresse pour cet âge-là. Peut-être parce que je me sens toujours traversée par ces questionnements, ces sentiments-là… Et que je me sens bien dans les entre-deux.

 

Des livres et vous : "Quelles difficultés rencontrez-vous dans la rédaction d’un roman ? Combien de temps mettez-vous entre la naissance d’un roman et son point final ?"

Auteur :   Cela dépend vraiment de ce que je suis en train d’écrire. Mais j’ai conscience de faire un métier très privilégié, alors plutôt que de parler de difficulté, je préfère parler du plaisir que j’ai à écrire. C’est un état que j’aime plus que tout. L’impression que le temps s’arrête autour de moi… d’être à la fois dans une bulle, et complètement dans la vie.

Je construis d’abord les romans dans ma tête… Ça peut prendre du temps, des mois, des années… impossible à calculer, bien sûr. Ce n’est que lorsque tout commence à bien s’agencer dans mon esprit que je me mets à écrire. Là, ça peut aller très vite… Par exemple, j’ai écrit un monologue pour la collection « D’une seule voix » chez Actes sud, en une journée et une nuit… Mais c’est un texte que je portais en moi depuis longtemps, et il était déjà presque « écrit ». Sinon, pour des romans plus longs, je peux travailler dessus pendant six mois ou un an.

 

Des livres et vous : "Où et quand écrivez-vous généralement ?"

Auteur :   J’aime écrire dans des lieux qui me plaisent vraiment… qui sont autant de « jardins secrets » pour moi, soit parce qu’ils se trouvent dans de beaux endroits, soit parce qu’ils sont « habités ». J’aime écrire chez des amis écrivains, par exemple… Comme si leurs mots portaient les miens. En ce moment, j’écris beaucoup en Bretagne, à quelques pas de la mer… C’est magique ! Sinon, j’écris aussi dans le train… Le train est presque mon deuxième bureau.

Je n’ai pas d’heure précise pour écrire. Je n’écris pas tous les jours, loin de là. Je me déplace beaucoup, pour des interventions, des rencontres, alors je m’adapte aussi à ça.
Ce qui est sûr, c’est que pour les relectures finales, je préfère le matin, parce que j’ai l’impression d’avoir le cerveau un peu plus frais…
En revanche, j’ai absolument besoin de silence et de solitude pour écrire (à part dans le train). Et la nuit, c’est souvent un bon moment pour ça.

 

Des livres et vous : "Comment vous sentez-vous lors de la publication d’un livre ?"

Auteur :   Vide, et souvent dans un état que je qualifie de « book blues », à l’image du baby blues d’une femme qui vient de mettre un enfant au monde. C’est un immense bonheur, une immense fierté, et puis en même temps je me dis : tout ce boulot pour ça ? Dans ce cas-là, la meilleure façon de surmonter ce petit passage à vide, est de me replonger dans l’écriture du roman suivant…

 

Des livres et vous : "Des infos sur votre prochain roman ?"

Auteur : Je n’aime pas trop parler de ce que je suis en train d’écrire… Pas par superstition, mais parce que tant qu’un roman n’est pas terminé, je ne suis pas sûre qu’il le sera un jour ! Alors, je préfère rester discrète. Je peux juste dire que je suis en train d’écrire un roman qui parle d’amour, et du plaisir d’aimer en dehors des sentiers battus.

 

 

"Tribune libre :"

Un grand merci pour vos questions et votre travail de passeur de mots, tellement important pour nous qui écrivons.
Cathy Ytak, un jour de grande marée, en Bretagne.