DOLE Antoine

Nom : DOLE

Prénom : Antoine

Date de naissance : 28/10/81

Roman: "Ce qui ne nous tue pas" 

Ouvrages de l'auteur sur le site : 2

Interview: 

Des livres et vous : "Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ? Que faisiez-vous avant d’être écrivain ?"

Auteur : Assez anxieux de nature, je me suis rendu compte que nommer les choses m’aidait à en avoir moins peur. Assez naturellement, je me suis mis à tenir des journaux intimes, pour mettre des mots sur le monde autour de moi, mes peurs, mes émotions. De fil en aiguille, j’en ai fait des histoires à partager avec les autres, pour qu’ils puissent aussi mettre des mots, les miens ou les leurs, sur ce qu’ils ressentent. C’est sans doute pour ça qu’on me dit souvent que j’ai une écriture assez sensorielle, à fleur de peau. 

 

Des livres et vous : "Quels genres aimez-vous lire ?"

Auteur : Je suis plutôt intéressé par la littérature très contemporaine. Certains ont besoin que la littérature les aide à s’évader, à voyager ailleurs. Mais j’ai besoin qu’elle m’emmène plus près de moi, qu’elle me touche de près. J’aime assez les écritures verticales, où il est davantage question de forage intérieur que d’évasion.  

 

Des livres et vous : "En tant que lecteur, quel roman a marqué votre adolescence ? Quel roman jeunesse conseilleriez-vous aux internautes ?"

Auteur : Le premier roman jeunesse que j’ai lu, c’était « Sacrées Sorcières » de Roald Dahl. J’avais adoré ce livre parce qu’il était à la fois cruel et sensible, j’avais la sensation que quelqu’un avait enfin vu le monstre qui se cachait sous mon lit et me disait « OK, ne t’inquiète pas, je ne vais pas te faire croire qu’il n’existe pas. Mais je vais t’aider à l’affronter ». C’est tout le principe de la littérature jeunesse à mon sens. 

Sur le plan de l’écriture, j’ai été marqué ado par « Baise-moi » de Virginie Despentes, un roman frontal, sans concession. Pour moi qui n’avais été nourri que de littérature classique, ça a été une vraie libération de découvrir qu’on pouvait écrire de cette façon, que la littérature ne servait pas qu’à observer la vie mais à se connecter à elle.                                                                            

                             

Des livres et vous : "Quelles difficultés rencontrez-vous dans la rédaction d’un roman ? Combien de temps mettez-vous entre la naissance d’un roman et son point final ?"

Auteur : Le temps d’écriture, c’est très variable, ça dépend des romans, de ce qu’ils touchent en nous qui est évident ou qui demande plus de réflexion. Tous mes textes ont un point départ si ce n’est autobiographique au moins personnel. Je n’imagine pas écrire un livre qui ne bouleverse rien en moi, qui ne me change pas. J’aime à croire que les livres que j’écris sont comme des tatouages : ils témoignent de moments de ma vie, de prises de conscience, d’étapes. Le plus dur ce n’est pas tant l’écriture, c’est l’après. Gérer l’aspect « technique » et froid qui entoure la vie d’un roman. Quand on appose un code-barres sur quelque chose que vous avez sorti de vous, ce n’est jamais très agréable. 

 

Des livres et vous : "Où et quand écrivez-vous généralement ?"

Auteur : Rarement à la maison à vrai dire. Je ne sais pas rester assis devant un ordinateur avec des horaires à respecter. Je préfère écrire dans des zones d’entre deux, comme les transports en commun, les cafés, les bancs publics. Il m’arrive de m’arrêter en pleine rue pour écrire une phrase. Je lance tout en vrac puis ensuite j’assemble, un peu comme la créature de Frankenstein, le texte prend vie sous mes yeux une fois que j’ai rassemblé toutes les pièces.  

 

Des livres et vous : "Comment vous sentez-vous lors de la publication d’un livre ?"

Auteur : Pas très serein. J’attends de découvrir les premiers avis, c’est important d’avoir un autre feedback que celui de l’éditeur ou de la famille. J’espère surtout ne pas décevoir les lecteurs qui me suivent depuis déjà plusieurs romans. 

 

Des livres et vous : "Des infos sur votre prochain roman ?"

Auteur : Côté bande dessinée je prépare la sortie du prochain tome de la série « Mortelle Adèle » que j’ai créée il y a bientôt deux ans aux éditions Tourbillon. Je lance aussi quelques nouvelles séries pour les plus jeunes, courant 2014, du côté de Milan Editions notamment. Du côté des romans, je travaille sur un nouveau texte, je continue d’y explorer mes obsessions habituelles. Je ne pense pas qu’il sortira tout de suite, il faut prendre le temps de prendre le temps.  ;)