Charlotte Bousquet

Nom : BOUSQUET

Prénom : Charlotte  

Date de naissance : 1973

Ouvrages de l'auteur sur le site : 6

" Interview :" 

Des livres et vous : "Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ? Que faisiez-vous avant d’être écrivain ?"

Auteur :

J’ai toujours écrit : par envie, par jeu, par besoin. Ce besoin s’est amplifié pendant mes années de thèse de philosophie, raconter des histoires me permettait de m’échapper de mon champ de recherches et de souffler. Puis, je me suis aperçue que la fiction était une autre façon de poser les questions qui étaient au centre de ma thèse – le rapport à la mort, à l’autre, l’impossible définition de l’homme,  les questions du monstre et de la frontière. Après ma soutenance, j’ai enseigné quelques années en BTS et j’ai publié mes deux gros cycles de fantasy. Ensuite, il y a eu La Marque de la bête et Noire lagune : deux déclics qui m’ont décidée à tenter ma chance et devenir autrice à plein temps.

Des livres et vous : "Quels genres aimez-vous lire ?"

Auteur :

Je n’ai pas de genre de prédilection. Tout dépend du moment, de l’envie et j’ai toujours trois ou quatre livres ouverts en même temps. En ce moment, j’arrive à la fin du premier tome de Lonesome Dove de larry McMurtry, à la fin de Gotham, de Xavier Mauméjean et d’un recueil de nouvelles sur la mixité. La Boîte,  d’Anne-Gaëlle Balpe m’attend sagement sur ma table de chevet. Je profiterai du salon du livre pour reconstituer mon stock de « 12 ans et plus » : le 2ème tome de CIEL,  la série de Johan Héliot publiée chez Gulf stream, entre autres.

Des livres et vous : "En tant que lecteur, quel roman a marqué votre adolescence ? Quel roman jeunesse conseilleriez-vous aux internautes ?"

Auteur :

Balles de flipper, de Betsy Byars. Des cornichons au chocolat, de Philippe Labro. Un amour de Swann, de Proust. La Huitième fille, de Pratchett. 

D’abord, il n’y a pas d’âge pour commencer Le Disque-monde. Ensuite, il y est question d’égalité des sexes, de mixité et de sorcellerie. Et puis, il y a Mémé Ciredutemps. Une vieille sorcière génialissime. Enfin, Pratchett vient de mourir. Alors, c’est la moindre des choses…                  

Des livres et vous : "Vos livres sont-ils tous destinés à un public d’adolescents ? Pourquoi vous adresser à ce type de public ?"

Auteur : 

C’est vrai que, depuis quelques années, je suis bien plus présente en jeunesse. Question de rencontres, d’opportunités, essentiellement. Je n’écris pas spécifiquement pour les ados. Ce que je veux dire par là, c’est que ce sont d’abord des idées, des envies ; le reste vient ensuite.

Le reste, ce sont : les éditeurs, les collections, la manière dont se construisent les histoires.

Ce qui change ? L’âge des protagonistes, essentiellement. Je dois bien avouer qu’avoir des personnages adolescents ou à peine adultes permet une plus grande liberté – parce qu’ils ont le droit de se tromper, de faire n’importe quoi, revenir de nuits blanches avec le sourire, d’oser…  Du moins, c’est une impression que j’ai. Et puis, de façon plus symbolique, l’adolescence et les vingt ans, ce sont des années de passage, de chrysalide. Pour quelqu’un qui écrit essentiellement sur des thèmes liés à la métamorphose et l’identité, c’est assez génial…

Des livres et vous : "Quelles difficultés rencontrez-vous dans la rédaction d’un roman ? Combien de temps mettez-vous entre la naissance d’un roman et son point final ?"

Auteur : 

Tout dépend du roman. Tout dépend de mon état d’esprit. Je mets plus de temps s’il s’agit d’un récit demandant des recherches. Pour Là où tombent les anges, il m’a fallu huit mois, parce que l’écriture, les travaux préparatoires, ont été très difficiles. Pour Si j’étais un rêve, si la maturation a été longue (c’est-à-dire l’envie, l’idée, etc.) a été une sorte de fulgurance. Les premières pages sont souvent les plus difficiles : il faut trouver le ton juste.

Des livres et vous : "Où et quand écrivez-vous généralement ?"

Auteur : 

Chez moi, à mon bureau ou dans le train.

Des livres et vous : "Des infos sur votre prochain roman ?"

Auteur : 

Ce feu qui me consume sort le 18 mars chez Rageot dans une nouvelle collection : In love (en même temps que Le Choix de Bérénice, de Fabien Clavel et Le Vent te prendra, de Camille Brissot). Ce feu qui me consume, librement inspiré de La dame aux camélias (c’est le principe de la collection), raconte l’amour fou d’Armando, un jeune Florentin bien sous tous rapports pour Violetta, une cavalière professionnelle qui brûle sa vie par les deux bouts. Une relation passionnée, tragique… J’ai adoré l’écrire !

 

"Tribune libre :"

De manière générale, j’ai énormément de mal à classer les romans : on fait lire à des élèves des classiques parfois très durs dans les thèmes, au moins tout en essayant de leur imposer des barrières : quand je lis des chroniques de romans, les miens ou d’autres collègues, je vois parfois des commentaires du genre « je ne conseillerai pas ce récit avant 15 ans en raison de l’aspect sombre/ violent/ dur/ etc.», mais on étudie Shakespeare et Zola au collège et au lycée ! L’Assommoir parle d’alcoolisme, de misère, de descente aux enfers. Othello, de folie, de vengeance, de jalousie – avec viol et meurtre à la clef. On est loin du pays des Bisounours, quand même !

Pour moi, ce qui compte vraiment, c’est l’envie de lire et la maturité.